« Dans le ventre de la terre »
Charlotte Charbonnel prend pour pivot de son exposition l’éruption volcanique. Elle expose les différents états de la matière issus de cette déflagration qui déchire le sol, vomit en gerbes son magma, propulse des lambeaux de cette pâte et des roches pulvérisées par la violence des gaz. Viennent ensuite les « cendres », de fines poussières dont les dimensions se mesurent en microns s’élevant en un tourbillon pour aller se déposer à des kilomètres à la ronde sur les arbres ou les toits des maisons…
En cet instant tout est calme, nous nous engageons au fond du cratère, sous le porche d’une caverne aux stalactites couleur cerise. Sous nos pieds s’épandent les traces des jeux monstrueux de la terre que nous imaginions pourtant figée dans une placide tranquillité : ruissellements, éclaboussures, coulées sont comme autant de traces de sa masse en fusion. Une langue de lave s’étale, étrange peau irisée que des gaz sont venus boursoufler jusqu’à la fissurer. Plus loin se dresse un monticule, tel une colonne de lave déchaussée par l’érosion. Partiellement recouvertes par la pouzzolane, les scories accidentées de bronze et d’aluminium jetées à chaud, saisies et sculptées par l’eau vive de la Durolle, scintillent comme de gros bijoux fondus. Dans le folklore local, il se raconte qu’un trésor serait caché sous cette rivière dont la force hydraulique alimentait autrefois les rouets de la coutellerie du Creux de l’enfer.
Marguerite Pilven
« In the Earth’s Belly »
Charlotte Charbonnel makes volcanic eruption the pivot of her exhibition. She presents the different states of matter resulting from deflagrations that tear the ground, vomit their magma in sprays, propel shreds of paste and rocks pulverized by the violence of gases. Then come the « ashes », dust which dimension is measured in microns, rising in whirlwinds before falling miles away on trees or house roofs…
At this moment everything is calm, we step into the bottom of a crater under the porch of a cavern with cherry-colored stalactites. Underneath our feet spread the traces of the monstrous activity of the Earth that we believed to be in a frozen and placid tranquility: trickles, splashes, flows like many manifestations of its molten mass. A lava strip spreads out, strange and iridescent skin that gases blistered until it cracked. Further away, a lava hill rises, like a column demolished by erosion.
Partially covered by pozzolan, the organic scorias of bronze and aluminum casted, seized and sculpted by the living water of the Durolle, sparkle like large melted jewels. In the local folklore, it is said that a treasure would be hidden under this river which hydraulic power once fed the wheels of the cutlery of the Creux de l’enfer.
Marguerite Pilven
Credit photo : Vincent Blesbois


