Fulgur a été réalisée en 2019 lors de la résidence Art en entreprise menée à la coutellerie Claude Dozorme, à La Monnerie-le-Montel. Cette première rencontre avec les savoir-faire couteliers du bassin thiernois, notamment autour du travail de l’acier damassé, a donné lieu à l’exposition « Nucleus » à la Grotte du Creux de l’Enfer (2019). L’oeuvre, unique, a été créée dans une seconde version en 2021, pour la deuxième exposition au Creux de l’Enfer : Larmes de la terre.
La longue lame en acier damassé fait écho à l’histoire industrielle et artisanale du site, autrefois animé par la force hydraulique de la Durolle. Selon un récit du folklore local, un trésor serait enfoui sous la rivière. À cette histoire souterraine répond la structure même de la lame : mordue par l’acide, sa surface révèle le feuilletage et les plis du métal, rendant visible ce qui était jusque-là contenu dans l’épaisseur de la matière, permis par la fabrication de la lame avec deux aciers distincts (en teneurs en carbone différentes), qui s’étaient mêlés, tel un mélange géologique. Entre savoir-faire artisanal et observation des phénomènes naturels, Fulgur II donne à voir le temps comme une force inscrite dans la matière.
Véritable ligne temporelle, cette lame, par ses strates, condense différentes échelles de temps et fait de la matière le support d’une histoire à la fois géologique, industrielle et humaine.
Fulgur was created in 2019 during the “Art en entreprise” residency held at the Claude Dozorme cutlery workshop in La Monnerie-le-Montel. This first encounter with the cutlery craftsmanship of the Thiers region—particularly in the art of working with Damascus steel—led to the exhibition “Nucleus” at the Grotte du Creux de l’Enfer (2019). A second version of this unique work was created in 2021 for the second exhibition at the Creux de l’Enfer: “Larmes de la terre.”
The long damask steel blade echoes the site’s industrial and artisanal history, once powered by the hydraulic force of the Durolle River. According to local folklore, a treasure is said to be buried beneath the river. The blade’s very structure echoes this subterranean tale: etched by acid, its surface reveals the layering and folds of the metal, making visible what was previously contained within the thickness of the material—a result of the blade’s construction using two distinct steels (with different carbon contents) that had intermingled, much like a geological mixture. Blending artisanal craftsmanship with the observation of natural phenomena, Fulgur II reveals time as a force inscribed within the material.
A true timeline, this blade, through its strata, condenses different time scales and transforms the material into the medium for a story that is at once geological, industrial, and human.
Crédit photo : Vincent Blesbois

