Ce que le sonore fait au visuel, 2013

Laiton, inox, maillechort et cuivre 30 x 200 cm

Hypothèses sonores Charlotte Charbonnel saisit des sons, des éléments aussi bien proches que lointains, souterrains qu’aériens… Partant parfois d’un paysage sonore du quotidien elle choisit d’isoler certains sons pour mieux nous les révéler, pour tout simplement nous les faire écouter. Sondeur cartographe l’artiste ausculte divers espaces. Les sons extraits sont amplifiés. Leur diffusion est souvent en directe, aléatoire évitant ainsi le point final pour justement ne pas fermer là où tout commence. Telle une alchimiste elle leur donne une existence propre, une dignité, une préciosité jusqu’ici absente. La métamorphose s’opère par leur circulation dans divers réceptacles. Ses prospections la conduisent en effet à créer des installations ou des sculptures combinant à la fois le son, la matière et le mouvement. Les matériaux et les formes retenus détiennent un rôle important dans l’expérimentation sensorielle. Ces composants peuvent être manipulés, dévoilés ou se proliférer, attisant ainsi notre attention. Nos repères en sont troublés suscitant un état propice à une expérience poétique. L’écoute, les manipulations, les déambulations deviennent alors un moyen de connaissance comme de prise de conscience. L’exploration de Charlotte Charbonnel pour faire émerger, surgir certains sons imperceptibles ou inconnus la conduit spontanément à réaliser des « typographies » sonores tels que Sons inconnus, Pantonnier sonore ou encore Ce que le sonore fait au visuel, œuvre réalisée et présentée à l’occasion de cette exposition éponyme. Ces « typographies » viennent souligner visuellement les aspects sonores, mettre en évidence leur reliefs, leur modelés, leur variations… Avec Ce que le sonore fait au visuel le public est à nouveau amené à participer à l’expérience. En effet l’œuvre de deux mètres de long évolue selon le déplacement du visiteur. La lumière joue, glisse, sur les différents matériaux (laiton, inox, maillechort et cuivre) révélant le chatoiement des couleurs rappelant celui des sons créé par la voix. Car justement le point de départ de cette œuvre est la synesthésie : expériences, entre autres, où des sons sont associés à des couleurs. L’artiste a enregistré sa propre voix disant le titre de l’exposition. Un graphisme en découle lui permettant de créer la forme de ce spectre sonore en volume. Les mises en abyme, les changements d’échelle, les déséquilibres nous proposent de nouveaux cadrages, de nouvelles perspectives. En renouvelant notre perception du réel, nous incitant ainsi à être attentifs, les expériences acoustiques et sensorielles de Charlotte Charbonnel dégagent une force poétique propice à l’imaginaire. Leïla Simon, 2014

 

Brass, stainless steel, nickel silver, copper 30 x 200cm

The sound hypotheses: Charlotte Charbonnel reaffirms our understanding of sound, addressing elements from near and far, from high in the sky to far below ground… At times working on a sound landscape of the everyday life, she chooses to isolate certain sounds in order to better reveal them to us, to simply make us hear them. Sounder cartographer, the artiste auscultates diverse spaces. The sound excerpts are amplified. Their diffusion is often direct, randomly/unpredictably avoiding the end point to not close where it all begins. Such an alchemist, she gives the sounds their own existence, a dignity, a preciosity absent here??. The metamorphosis operates by the circulation in diverse receptacles. Her explorations drive her to create installations or sculptures combining at once sound, materials, and movement. The materials and the forms retained? hold an important role in the sensory experimentation. These components can be manipulated, unveiled, or proliferated, thus catching our attention. Our points of reference are disturbed while simultaneously provoking a favorable state at the poetic experience. The listening, the manipulation, the wandering become a means of understanding, an informed awareness. Charlotte Charbonnel’s exploration of the emergence of certain imperceptible or unknown sounds drives her to spontaneously realize sound « typography », such as Sons inconnus, Pantonnier sonore, or even Ce que le sonore fait au visuel, a work realized and presented at the eponym exhibition. These « typographies » visually highlight the appearance of sound, evidencing their originality?/depths?/relief?, their formation, their variations… With Ce que le sonore fait au visuel, the public is once again brought? to participate in the experience. In fact, the work two meters long evolves according to the displacement of the visitor. The light plays, slides, on the different materials (brass, stainless steel, nickel silver, and copper), revealing the gleam of the colors resembling sounds created by the voice. Because the precise starting point of this work synesthesia: experiences/experiments?, amongst others, where sounds are associated to colors. The artist reordered her own voice while saying the title of the exhibition. An ensuing graphic permits her to create the shape of the sound spectrum by volume. The mise en abyme, the change in scale, the destabilization suggest to us a new framing, a new perspective. While renewing our perception of reality and encouraging us to remain attentive, the acoustic and sensory experiences of Charlotte Charbonnel extricate a poetic force ideal for the imagination. Translated from Leïla Simon, 2014.

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  • ce-que-le-sonore-fait-au-visuel ©Sebastien Normand
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